Cinémas du Sud et
La Cinémathèque Française

présentent

REBELLES au CINEMA



Et pourtant sa pensée, déjà rebelle, opposait une résistance sournoise, biaisait vers les images délirantes. Georges Bernanos

Parce qu’il s’oppose à la société ou à ses représentants, parce qu’il affirme sa différence, le rebelle est un personnage porteur de récit. Il crée la confrontation par son tempérament même. Son refus de la société le conduit d’ailleurs parfois à devenir un criminel. Son goût de la liberté, son indépendance le rendent attirant, mais s’il engendre la fascination, il peut également servir de repoussoir.

La radicalité de sa transgression ou même sa violence nous disent souvent quelque chose de la société dans laquelle il évolue. Dans sa forme la plus flamboyante, le rebelle est celui qui refuse tout compromis, qui joue le tout pour le tout.

Les cinéastes rebelles inventent surtout des formes de cinéma qui, en elles-mêmes, sont subversives. La rébellion se traduit par une rupture esthétique avec le modèle classique. Des conditions de production indépendantes accompagnent aussi souvent cette rupture et favorisent l’émergence d’une nouvelle esthétique.

Pierre Gabaston, Rebelles sur grand écran



Vendredi 4 Février 2011
19h00


Soirée d'Ouverture
en présence de
Nathalie BOURGEOIS
Directrice du département pédagogique
de La Cinémathèque Française
et
Pierre GABASTON
Auteur de
Rebelles sur grand écran
une co-édition La Cinémathèque Française et
les Editions Actes Sud Junior.

* Présentation de la manifestation par

Vincent THABOUREY
(Délégué Général de Cinémas du Sud)

* Présentation du Cycle Rebelle et de la Collection par

Nathalie BOURGEOIS

* Projection d’un montage d’extraits de films qui parcourent le Cycle

* Conférence sur Pierrot le Fou par

Pierre GABASTON

* Buffet


* Projection de Pierrot le Fou en copie neuve restaurée par
La Cinémathèque Française et Studio Canal




Tarif : 5euros + 3 euros participation Buffet
Réservation: 04 42 44 32 21



Jean Luc Godard
France, 1965, 1h55
Avec : Anna Karina, Jean-Paul Belmondo...

Pierrot le Fou c'est un petit soldat qui découvre avec mépris qu'il faut vivre sa vie, qu'une femme est une femme, et que dans un monde nouveau, il faut faire bande à part pour ne pas se retrouver à bout de souffle
Jean-Luc Godard


Dans ma vie de spectateur, il y a un avant Pierrot le fou, et un après. Pour la première fois, j’ai ressenti et entendu, à travers les images et les sons, les couleurs et le bleu de la Méditerranée, quelque chose comme la voix silencieuse d’un cinéaste poète qui me disait autre chose. (…) Ce film me disait que le monde était désordre et violence, que l’amour de Marianne pour Pierrot-Ferdinand cachait aussi la trahison, que le bleu du ciel était le même que celui dont Pierrot se peint le visage avant de mourir. Et que tout cela n’était que Beauté. Cet homme invisible qui avait pour nom Jean-Luc Godard me prenait par la main, pour m’entraîner dans une zone secrète et mystérieuse où j’avais le sentiment de n’être encore jamais allé. (…) Ceux qui ont la chance de ne jamais avoir vu ce film vont le découvrir dans sa somptuosité plastique. Ceux qui le connaissent déjà, le film faisant partie de l’histoire du cinéma et de l’histoire de l’art, conviendront qu’ils ne l’ont jamais vu aussi beau, dans sa beauté d’origine. »
Serge Toubiana



Avec Pierrot le fou, c’est comme si nous ignorions tout de Godard, de la critique et du cinéma. L’œuvre était pourtant « prévisible », qui fait sur plus d’un point la somme des neuf autres, reprenant tour à tour thèmes, situations, personnages, couleurs, propos et drames d’À bout de souffle à Bande à part, du Mépris à Une femme est une femme, mais pour mieux les laisser derrière elle. (...)



(...) La première tentation est d’isoler le film comme un accident, peut-être appelé par l’incurvation abrupte d’À bout de souffle ou l’impressionnisme douloureux de Bande à part. Approche de surfaces, détails : la coloration et le rythme nous guident plutôt, par les différences et les exceptions mêmes, vers Une femme est une femme où la disposition fissurée, fêlée, rompue, de l’exposition, au lieu de provoquer quelque régression dilate les figures, les souligne en les élargissant, visant une amplitude si démesurée que son atteinte interdit toute survivance et bascule du même coup, exténuée, en déséquilibre. Tension hésitante, intermittente, têtue, d’Une femme est une femme : sans participer d’un mouvement circulaire vouant le film à une répétition discontinue (Une femme mariée), le récit prenait le temps de revenir en arrière. Dans Pierrot le fou, les variations ne sont pas étales, divergentes, mais précipitées, répercutées. Au lieu d’être évalué, le hasard est traversé. Le mouvement transversal empêche chaque obstacle, crevant l’étendue et l’équilibre apparent qu’elle impose. Godard ne filme pas les cassures mais le vol en éclats, la succession. Non plus un dépliement, une juxtaposition, mais un accéléré. Le film raconte une seconde - bruits et couleurs apparus par mouvance, réfraction, éblouissement - et la fuite de ce qu’elle comporte, sans souci de traces ou de récupérations. (...)



(...) Comme La Forêt interdite dont il détient l’exacerbation, entre le bleu et l’atroce, Pierrot le fou possède la pulsion crispée d’une naissance, chute amorcée, vécue et rêvée, sorte d’initiation. Mais au fil de l’élan qu’il s’efforce de mettre à jour s’imprime en transparence un mouvement parallèle et contradictoire où subsistent les traînées sanglantes, les giclées écarlates dont la fréquence rappelle autant de barrières susceptibles d’empiéter sur le tracé originel, de le perturber, voire de l’arrêter. Si bien que la fuite éperdue, la traversée solitaire, semble puiser son énergie, sa conviction, de la menace qui la guette et dont le déploiement afflue par vagues subites de plus en plus pressantes, imposant les parcours secondaires, les échappatoires, les déviations. Et la course de Pierrot rattrape sa menace, ouverte à une autre chute possible, à une prochaine seconde à vivre. (...)
Jean-André Fieschi et André Téchiné
(Cahiers du cinéma n° 171, octobre 1965)

Godard & Karina sur Pierrot le Fou
Document INA









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LES REBELLES
plaquette de la manifestation:




Programmation
Martigues
Renseignements
04 42 44 32 21

Vendredi 4 Février 20h00

Soirée d’Ouverture de la Manifestation

Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard (1965)

Copie neuve restaurée par la Cinémathèque Francaise

Présentation du Cycle Rebelle

par La Cinémathèque Française

Avec

Nathalie BOURGEOIS

Directrice du département pédagogique
de La Cinémathèque Française et

Pierre GABASTON

Auteur de Rebelles sur grand écran

Revoir Pierrot le fou aujourd'hui confirme son inaltérable violence, son statut unique de film rimbaldien. Pierrot le fou, chaotique et limpide, léger et tragique, allie la beauté convulsive d'A bout de souffle au lyrisme contemplatif du Mépris. L'ambition de Godard est de dresser l'état de lieux d'une époque, le constat désespéré d'une civilisation en déclin, en filmant l'aventure d'un homme, cyniquement marié à une femme riche, qui décide un soir de fuir sa morne existence avec une fille autrefois aimée et retrouvée par hasard


Mardi 8 Mars 18h30

Philo/Bistro/Ciné

Journée Mondiale de la Femme

"Femmes Rebelles"

En partenariat avec la MJC et la Médiathèque de Martigues

Soirée animée par Benoit Spinosa (Philosophe)

Gloria de John Cassavetes (1980)

La famille du jeune Portoricain Phil, 6 ans, vient d’être assassinée par la Mafia car son père comptable, Jack Dawn, connaissait des numéros et des comptes qu’il s’apprêtait à transmettre au FBI et à la CIA. Phil est recueilli par une voisine, Gloria, femme célibataire, ancienne danseuse de cabaret et surtout ex-maîtresse de Tanzini, le chef du syndicat du crime. Commence alors une course-poursuite dans les rues de la Grosse Pomme entre les tueurs mafieux et le couple improbable Gloria-Phil. Gloria est un véritable film d’auteur car, à travers l’histoire d’une femme libre et indépendante s’opposant au Système aliénant (ici,la Mafia, le dieu Argent), il n’est pas difficile d’y voir une métaphore de l’artiste face aux cols blancs des Majors.


Vendredi 11 mars

Festival Regard de Femmes

Atelier et Conférence par la Cinémathèque Française

Samia de Philipe Faucon (2000)

Samia est une jeune adolescente d'origine maghrébine qui vit dans un quartier de Marseille. A un âge où les jeunes filles voient leurs premiers flirts s'épanouir, Samia décide de passer outre cette étape de l'adolescence pour s'occuper uniquement de sa condition de femme dans la religion musulmane. Faucon est le cinéaste de la révolte par excellence. Il filme un corps fragile - celui de Samia - évoluer dans une atmosphère virile et extraordinairement malsaine. Elle est femme et restera intègre. C'est ce que Philippe Faucon décide de montrer dans un film qui au fil des jours deviendra radical dans le paysage cinématographique français.


Mardi 29 Mars

Soirée Rebelle

Animée par Pierre Gabaston

Auteur de : Rebelle sur Grand Ecran (Editions Actes Sud)

A bout de Souffle de Jean Luc Godard 1960

C’est l’histoire d’un type qui passe d’une bagnole à l’autre et finit sa course à pied. C’est l’histoire d’une fille qui passe d’une robe à l’autre mais garde sa coupe de cheveux jusqu’au bout. C’est un polar qui se transforme en film sentimental puis redevient polar. C’est un film sentimental qui se fait trouer par le polar. C’est une histoire d’amour entre une fille indécise et un type déterminé. C’est l’histoire d’un type qui, dès qu’il s’arrête de courir, meurt. C’est l’histoire d’un type qui dit : Si vous n’aimez pas la mer... Si vous n’aimez pas la montagne... Si vous n’aimez pas la ville : allez vous faire foutre !

C’est une question de vie ou de mort. C’est le cinéma qui sort de ses gonds.








du 4 au 15 fevrier :
Pierrot Le Fou de Jean Luc Godard





du 12 au 22 février :
De Bruit et de Fureur de Jean Claude Brisseau









du 23 février au 1er mars:
Zazie dans le métro de Louis Malle







du 2 au 8 mars:
Les 400 coups de François Truffaut







Le 8 Mars : Ciné/Bistrot/Philo
"La désobéissance"
Gloria de John Cassavetes







du 9 au 15 mars
( 11 mars Atelier et Conférence)
Samia de Philippe Faucon







du 16 au 22 mars
A Bout de course de Sydney Lumet







Du 29 Mars au 5 Avril
A bout de Souffle de
Jean-Luc Godard








Rebelles au Cinéma
est disponible sur le site de la Librairie L'Alinéa
(cliquez sur la photos)






et plus largement l'ensemble de la collection Atelier Cinéma
(cliquez sur la photos)


1 commentaire:

Tietie007 a dit…

I love Bebel !